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Enjeux phytosanitaires
Aujourd’hui, un ensemble d’études révèle la présence de pesticides dans l’eau, l’air, les sols, les pluies et les brouillards.
A titre d’exemple, citons simplement les résultats de l’étude de l’Institut Français de l’Environnement qui montre que l’on trouve des résidus de pesticides dans 96% des eaux de surface et 61% des eaux souterraines en France (données de 2003-2004, publiée en Août 2006 dans « Les pesticides dans les eaux » - IFEN).
Diffusion des pesticides dans l’environnement
Les pesticides se répandent dans l’environnement par de multiples mécanismes :
- Lors de l’application, une partie des gouttelettes en suspension vont être emportées dans l’air (on parle de dérive). Il faut savoir que ces gouttelettes sont très légères et sont emportées à la moindre brise.
- Dans l’air, les pesticides peuvent parcourir de grandes distances, transportés par les nuages, et retomber sous forme de pluies dans des régions plus éloignées.
- Sur la plante, une partie du produit va être absorbée par les feuilles et les racines. Néanmoins, une partie du produit située sur la plante ou sur le sol, va se volatiliser (se transformer à l’état de gaz) sous l’effet de la chaleur.
- Sur le sol, une partie du produit va également être rincée par les eaux de pluie et être ainsi entrainée ver les points d’eaux superficiels …
- A terre, le produit va pénétrer dans les sols. Une partie va être stockée (minéraliser) dans les sols, mais une autre partie va être lessivée jusqu’à atteindre les eaux souterraines.

Risques environnementaux et sanitaires
Concernant les milieux aquatiques par exemple, les matières actives, ou leur produit de dégradation, peuvent avoir, même à très faible dose, un effet dommageable sur l’équilibre de la faune et de la flore des rivières.
La toxicité des produits phytosanitaires se révèle à plusieurs niveaux :
- Une intoxication aiguë, peut entraîner de fortes mortalités de poissons en cas de pollutions accidentelles ;
- Des effets à long terme, provoqués par des teneurs très faibles peuvent perturber le cycle de reproduction des espèces piscicoles, déstructurer des cycles hormonaux, provoquer des inversions sexuelles de certains poissons, réduire la diversité de peuplement d’algues et de végétaux ; etc.
Chez l’homme, les effets à court terme surviennent suite à des empoisonnements, des tentatives de suicides, ou des accidents professionnels. Les effets à court terme vont du malaise, des irritations, à des maux de tête et le décès en cas d’intoxication importante.
Les effets à long terme sur la santé sont quant à eux plus difficiles à apprécier, et sont à l’origine de nombreuses recherches. Les études publiées à ce jour ont mis en évidence des liens avec trois effets principaux des pesticides :
- Effet cancérogène : les pesticides favorisent le développement cellules "instables" menant au développement de tumeurs ;
- Effet mutagène : une exposition à long terme favorise des modifications du matériel génétique de la cellule ;
- Effet tératogènes : entraînant des malformations de l’embryon.
Ainsi, une exposition à long terme aux pesticides favorise le développement de cancers, des troubles neurologiques (maladies neuro-dégénératives telles que la Maladie de Parkinson, troubles cognitifs, etc), ou encore des anomalies de la reproduction (infertilité, malformation congénitales, etc).










